IDEES
Il est temps de se responsabiliser!
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Par Arielle Grenier
Le 7 mars 2012

Ce texte ne représente pas nécessairement la vision de La Chemise. Le magazine offre une tribune, mais l’auteur écrit en son nom. 

Pour une société, il est plus facile de « surfer » sur la vague du… socialement acceptable que sur la vaguelette du socialement responsable. Voilà ce que nous disons!

Les patriotes de 1837 se sont battus pour l’avènement d’un gouvernement responsable et représentatif de sa population, pour une société où la libre expression et le droit de parole ont préséance sur l’imposition de la pensée unique et de la violence pour exprimer son point de vue. Nous, membres des étudiants socialement responsables, disons que si nous voulons conserver pour les générations à venir nos programmes sociaux, notre régime de rente, nos soins de santé, nos services d’éducation nous nous devons chacun d’entre nous, aujourd’hui, à quelque poste que nous soyons dans la société, d’agir de façon responsable c’est-à-dire d’assumer notre part de responsabilité financière.

Exiger que les moins nantis absorbent indéfiniment le déficit du financement universitaire sans que nous ne mettions la main dans nos poches est carrément inacceptable parce qu’injuste. Les étudiants du Québec doivent aussi accepter d’aider la société pour assurer la suite du monde… Il est difficile d’accepter de payer une facture, alors que nous étions habitués à ne pas y allouer plus sur notre budget. C’est difficile d’accepter qu’un service réclame plus de nos poches, chers collègues étudiants, mais le temps est venu de prendre nos responsabilités. L’Aide financière aux Études apportera 118 millions à ceux qui en auront besoin. Le tiers de la hausse prévue (1625) ira directement dans l’Aide financière aux Études. Est-ce juste de dire que cette hausse servira les intérêts des moins nantis? Nous croyons que oui!

Si l’on considère qu’un étudiant universitaire gagnera en moyenne entre 600 000 et 1 000 000 de dollars de plus au courant de sa vie que n’importe quel diplôme du secondaire: il faut aussi considérer que l’éducation c’est rentable. Les études universitaires ne sont pas seulement rentables au niveau monétaire, mais également au niveau de l’apprentissage de connaissances. Les jeunes étudiants devraient pouvoir comprendre la valeur de leur éducation et cesser d’imposer à la population de payer plus de 60% de leur éducation. Actuellement, 83% de la facture n’est pas payée par les étudiants : on calcule ici l’argent des contribuables, mais également des dons. Il est impensable de leur en demander toujours plus en haussant leurs impôts. Le principe est le suivant: lorsque nous avons conscience de la valeur d’un objet ou d’un service, nous nous sentons beaucoup plus responsables face à ces derniers.

De dire que le gouvernement, les administrations universitaires doivent mieux administrer les budgets qui leur sont alloués est reconnu de tous, mais ceci ne doit pas être un argument pour nous cacher de nos responsabilités. Après les garderies à 7$, l’échec de la construction, les problèmes de gestions du Régime des Rentes du Québec, nous, étudiants du Québec, devons montrer l’exemple. Nous avons la responsabilité de nous responsabiliser avant de demander aux autres de le faire. Nous avons l’occasion parfaite de démontrer que la jeunesse désire faire sa part, mais aussi, qu’elle le fait en ne repoussant pas indéfiniment le problème aux générations futures. Pour assurer la suite du monde, il faut que chaque étudiant puisse comprendre qu’il détient une part de responsabilité dans la dette future du Québec.

Nous tenons à remercier les contribuables de déjà payer une grande partie de notre éducation et acceptons fièrement d’aussi faire notre part. Nous sommes d’accord qu’il est difficile de ramer à contre-courant contre le socialement acceptable, mais nous avons parié sur le socialement responsable.

L’auteure a déjà publié ce texte sur le Huffington Post en date du 2 mars 2012

2 Réponses à Il est temps de se responsabiliser!

  1. Fred dit:

    Dénué de saveur, dénué d’émotion; ce texte me donne la nausée. Respecter l’opinion des autres, c’est aussi être honnête : ce jeu de sémantique est désolant et ce mouvement se drape finalement d’une profonde aliénation.

  2. Marie-Luce dit:

    Parce que c’est être « responsable » que de payer trois fois pour la même chose (frais, taxe de vente, impôt sur le revenu)? Parce que c’est être « responsable » que d’accepter un plan budgétaire non étayé et vide? Oublie-t-on que les étudiants sont également contribuables, bien que moins sollicités pour la plupart durant leurs études, ce qui sera amplement compensé dans la majorité des cas par un revenu plus élevé durant le reste de leur vie active? Sans omettre leurs parents et familles qui sont des contribuables, surtout si on considère que la plupart proviennent de la classe moyenne et des milieux plus aisés…

    Se responsabiliser, c’est aussi faire montre d’esprit critique. Votre endossement aveugle des arguments vides du gouvernement Charest est sans doute le plus désolant dans toute cette histoire.

    Payer plus ce n’est pas être responsable. Ce qui est responsable c’est de remettre en question la façon dont nos universités sont financés, la façon par laquelle ces fonds sont gérés et utilisés, de comparer le rendement individuel d’un diplôme au rendement collectif, de débattre de la place du savoir dans notre société, de l’apport de l’aspect formatif versus éducatif d’un programme universitaire…. non plus simple encore que cela, CE QUI EST RESPONSABLE, c’est d’aborder une problématique par ses causes avant de proposer des solutions. Sinon, les solutions ne risquent pas d’être très efficaces et leurs effets réels relèvent du pur hasard si on les met en place sans réellement comprendre ce qu’on tente de solutionner.

    Mais bon, peut-être que pour vous, payer plus vous donnera la fausse impression que votre diplôme vaut plus. Pourtant, la valeur de l’éducation ne se mesure pas au prix payé, mais bien à l’investissement personnel en temps et en énergie, en volonté et en détermination, que chaque étudiant, en fait participant, y met.

    Enfin, ce qui est responsable, c’est de se renseigner sur la situation financière des étudiants et des universités avec lesquels on compare le Québec, c’est-à-dire le Canada et les États-Unis principalement. Seulement là se rend-on compte que les frais plus élevés dissimulent autant de sous-financement, de coupures en éducation, sans omettre plus encore d’endettement étudiant qu’ici. Si c’est à cela que nous voulons ressembler, nous y ressemblons déjà assez, pas besoin de singer plus avant.

    Votre abus du terme responsable va de pair avec l’abus que la ministre Beauchamp fait des termes justice, équité et responsabilité qu’elle dénature de tout sens en les brandissant à qui mieux mieux sans argumentation soutenant leur usage… Cette conduite… est irresponsable!

    Je pense que j’en ai dit assez. Le plus dommage c’est que cela vous passera sans doute dix pieds au-dessus de la tête. Dommage.

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